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Festival Fantasia 2011 – LOVE & LOATHING & LULU & AYANO

Junko, 22 ans, est une jeune employée de bureau timide comme tout. Un beau jour qu’elle se trouvait par hasard dans le quartier de Shibuya à Tokyo, elle se fait recruter pour jouer dans un film pornographique. Bien qu’elle ne sentait pas à sa place au début, elle développera vite un alter ego, l’otaku Lulu, friande de cosplay. Elle se liera aussi d’amitié avec Ayano, une autre jeune actrice pornographique qui est tout aussi dure que Lulu est timide dans la vraie vie ou délurée dans son rôle d’actrice. Lulu devra faire face à un fan trop persistant qui ne semble pas faire la différence entre la réalité et le fantasme…

Basé sur le livre de non-fiction Namae no nai onna-tachi (Women Without Names) de Atsuhiko Nakamura, Love & Loathing & Lulu & Ayano dresse un portrait critique mais lucide du monde de la pornographie japonaise, où la saveur du mois peut facilement tomber dans l’oubli. L’amitié entre Lulu et Ayano, malgré leurs différences, s’avère très touchante et Ayano développera un sentiment protecteur envers sa consoeur naïve. Par ailleurs, le réalisateur, Hisayasu Sato, a créé une fin ouverte aux interprétations quant au destin des deux héroïnes du film. M. Sato, connu comme réalisateur de films érotiques dits « roses », jette un regard tendre sur les filles qui se retrouvent impliquées dans le monde plus froid et insensible de la porno. On sent que ses actrices étaient bien à l’aise sur le plateau, notamment dans la scène où Lulu et Ayano décident de partir loin de Tokyo.

Devant un public conquis à la salle J.-A. de Sève, M. Sato a participé à une séance de questions et réponses, pendant laquelle on a appris que les interprètes n’étaient pas des actrices du monde érotique (elles qui tiraient très bien leur épingle du jeu avec un grand naturel) et qu’il s’agissait en fait de leur premier rôle principal dans un film. La seule critique formulée au Japon touchait la vision du fan dérangé, qui reprend les pires stéréotypes des otaku. En même temps, il faut bien avouer que le risque du métier porte notamment sur des admirateurs dangereux, quelle que soit leur appartenance sociale.

Au-delà de la thématique qui fera sans aucun doute réfléchir les spectateurs, l’attachement qu’on développe particulièrement envers Lulu fait qu’on espère sincèrement qu’elle réussira à obtenir la liberté à laquelle elle aspire tant, sans perdre de son âme. Le fait que ce film soit basé sur des faits réels ne fait que donner encore plus la chair de poule.

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